Le goût du risque - Michel HIBON (1973)
MICHEL HIBON, IESEG 1973, fête cette année le centenaire du Groupe Cahors, qu’il dirige depuis 17 ans. Une entreprise qu’il a fait évoluer, en optant pour la diversification et l’international. Retour sur un parcours plein d’enseignements.
=> En 1973, votre diplôme IESEG en poche : que faites-vous ?
Je passe le TOEFL et le GMAT et je m’envole aux Etats-Unis décrocher un MBA. L’immersion américaine est riche de leçons. A mon retour en France, j’intègre le groupe Rank Xerox, pour lequel je travaille cinq ans au contrôle de gestion et au marketing. En 1981, je choisis la banque qui manque à l’époque de contrôleurs de gestion. Je travaille dans un premier temps à la Banque Hervet avant de rejoindre une banque internationale : la BSFE, de 1984 à 1989. Ce passage dans le milieu de la banque d’affaires est essentiel dans la suite de ma carrière. J’y ai appris le business : la stratégie, la finance, le marketing. Je travaillais avec des pointures, rien n’était laissé au hasard. Nous devions sans cesse nous frotter à des choses nouvelles, et essayer !
=> Et puis en 1989, changement de décor. Vous quittez la rue de la Paix à Paris pour rejoindre Cahors, dans le Sud Ouest. Je vous avoue que mes collègues banquiers ont été très surpris de ma décision ! Quitter Paris et la banque pour aller prendre la direction financière d’une PME de province : quelle drôle d’idée ! A vrai dire, ce sont de graves détournements de fond du Groupe Cahors en 1989 (ma famille était actionnaire) qui ont déclenché ma mutation. Je propose alors de leur venir en aide, en prenant la direction financière. A l’époque, le Groupe compte 500 employés et totalise un CA de 70 M€. En 1993, j’accepte de devenir président directeur général après maintes hésitations. La construction électrique, le management…c’était l’inconnu. Mais le goût du risque m’a rattrapé ! Très vite, il a fallu diversifier les produits comme les métiers et partir à la conquête de nouveaux marchés. C’est l’ouverture des marchés à l’Est, on parle beaucoup de la Chine. Mais s’implanter à l’étranger est une démarche à long terme. Il faut convaincre les actionnaires, trouver un directeur international, développer les produits que les clients étrangers attendent. Il faut appréhender un marché et sa culture. Il y a l’inquiétude compréhensible des salariés, craintifs de perdre leur emploi pour cause de délocalisation. Il faut s’adapter à tout cela. Mais diriger une entreprise implique deux choses primordiales : avoir les idées claires et ne jamais raconter d’histoire à ses équipes. Sans cela, aucun climat de confiance n’est possible.
=> En 17 ans, vous avez triplé le nombre de salariés (2000 aujourd’hui) et quasiment triplé le chiffre d’affaires (205 M€). Le groupe compte neuf filiales en France et sept à l’étranger. C’est une belle réussite, n’est-ce pas ?
Nous aurions pu faire mieux. Par définition, un chef d’entreprise n’est jamais complètement satisfait ! L’obsession de vouloir « toujours faire plus » est omniprésente. Le Groupe Cahors devrait encore doubler de taille dans les années à venir. Pour cela, les trois axes de la politique du Groupe devront être nos moteurs : diversification des produits, complémentarité des métiers et présence internationale.
=> Vous évoquez la complémentarité des métiers, votre groupe abrite depuis 2007 l’IFGC : Institut de formation du Groupe Cahors. En bref, c’est quoi ?
D’une part, l’Institut forme aux métiers d’exécutants. Il est indispensable de créer un transfert de savoir vers les plus jeunes, et préparer les salariés au changement. D’autre part, nous formons les jeunes cadres au management. Des professionnels extérieurs interviennent régulièrement à leurs côtés. Cette formation est un réel investissement pour nos cadres, et génère motivation et implication. De notre côté, elle est une excellente opportunité de déceler le meilleur de nos cadres. Trouver là où ils sont bons pour leur garantir un réel épanouissement. L’entreprise doit être un creuset, et non pas un affrontement !
=> La 41ème promo de l’IESEG a été diplômée le mois dernier, quels conseils donneriez-vous à cette jeune génération ?
Essayez ! N’ayez pas peur ! Ne renoncez devant rien, c’est essentiel. Vivez chacune de vos expériences dans le souci d’enrichir vos compétences. Vivez des expériences larges, qui vous seront utiles toute votre vie. Nous entrons dans une période ou l’entrepreneur sera le plus important. Ce sera la seule façon de créer de la richesse et de l’emploi. Il faut que notre pays génère des entrepreneurs. Alors faites-en partie !
Contact : Plus d’infos sur le Groupe Cahors : www.groupe-cahors.com
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